Les 10 commandements du nouvel expatrié

Nous voilà depuis 1 mois rangés dans la catégorie des expatriés, cette communauté qui attire et en même temps dont on ne connaît pas les codes.

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Entrée du parc du Président

Voici, pour notre expérience, les leçons à retenir de cette immersion :

1- Communiquer, enfin essayer

Il y a plusieurs niveaux de difficultés dans une expatriation, la langue peut en être une. La principale barrière à l’intégration au Kazakhstan est clairement le russe. On se rend vite compte qu’au quotidien, c’est un vrai handicap de ne pas pouvoir communiquer avec les gens. Depuis un mois donc je me fais comprendre en pointant du doigt (c’est pas poli je sais maman), en ne disant que bonjour, merci, au revoir et combien (seuls mots que je connais), en haussant les épaules “désolé” à chaque fois que quelqu’un me parle et en étant très fière de moi à chaque fois que je déchiffre un mot (car oui je sais maintenant lire l’alphabet cyrillique : première victoire).

Bon, on prend des cours de russe et cela va s’arranger très vite mais en attendant vive les applications de traduction.

2- Aller à la rencontre des gens

En premier lieu et parce que c’est rassurant, se rapprocher de sa communauté nationale est un vraie plus. A Almaty, on compte près de 400 français enregistrés au consulat, et selon l’entreprise dans laquelle vous êtes il peut y avoir un peu ou beaucoup de français. C’est un vrai plus au départ. De notre côté, on s’est immatriculé assez vite auprès du consulat et on reçoit régulièrement des informations, c’est important de se sentir au sein d’une communauté et de partager des bons plans, des sensations. Je ne sais pas si c’est français mais lors de regroupements on a tendance à se retrouver entre nous pour se sentir un peu comme à la maison.

Un autre bon moyen de s’acclimater est de s’inscrire au Women’s Club, ouvert aussi aux hommes qui sont rares. Cette association propose des tas d’activités : randonnée, cours de cuisine, rencontres bébés-mamans, évènements en tous genres pour célébrer une date ou participer à une soirée de charité… Les réunions ont lieu tous les mercredis matin pour échanger et écouter une présentation sur un sujet, plusieurs sous groupes se forment aussi comme le groupe des francophones avec le rituel du déjeuner du mercredi.P1070694

3- Bouger

Il n’y a pas de secret pour se sentir comme chez soi, il faut connaître la ville dans laquelle on habite. J’ai besoin pour ma part de m’imprégner de la ville, de la découvrir en détails, de l’arpenter. J’ai choisi de découvrir Almaty, en semaine sans ma moitié, en transports en commun. Le bus est un super moyen de se repérer et de parcourir des distances longues en peu de temps. La ville de la pomme est très bien desservie, j’ai opté pour l’application 2GIS qui permet de savoir où l’on est mais également de réaliser un itinéraire précis en bus.

Ici l’autre particularité ceux sont les taxis “Gipsy”, vous levez la main n’importe où au bord de la route et pour sûr une voiture s’arrête et vous demande où vous allez. Pour très peu (1 ou 2 euros) vous êtes déposés à votre destination : très typique et sans danger, je le fais avec Petit G en porte bébé et c’est l’aventure.

4- Aller faire ses courses

Au début pas de voiture, c’est assez difficile à immatriculer, donc on patiente. Vu que l’eau du robinet n’est pas recommandée à cause de la présence de métaux lourds, me voici partie chaque jour chercher ma ou mes bonbonnes de 5 litres d’eau : l’avantage du sac sous la poussette est indéniable…

Heureusement, pour faire Manon des sources et ravitailler ma petite famille, plusieurs solutions : supérettes à tous les coins de rues (plus chères et peu de choix mais ça dépanne), supermarchés SMALL ou le fameux RAMSTOR assez bien situés en centre ville ou quand on aura une voiture ou qu’un collègue nous en prête une, les hypermarchés comme le nouveau Carrefour (et oui l’enseigne française vient de s’implanter ici et on trouve quelques produits français, n’imaginez pas non plus que l’on pourra se faire une raclette snif).

On trouve de la salade avec des fleurs dedans, bucolique ?

On trouve de la salade avec des fleurs dedans, bucolique ?

5- Découvrir la nourriture et créer

Après la question, c’est où le Kazakhstan ?, celle qui vient après est Mais on mange quoi là-bas ?. La réputation française n’est plus à faire… Et bien, on trouve beaucoup de produits comme chez nous, je ferai un article plus détaillé sur le sujet bien sûr. Les particularités de prime abord sont :

  • Les produits laitiers : des rayons entiers avec toutes sortes de lait de vache, je ne comprends pas la différence entre chaque, mais cela représente plus de 15 m de linéaire avec toutes les variantes de la crème liquide, au caillé, au “petit lait”… mais bizarrement on trouve très peu de fromage blanc et de yaourts différents.
  • Le fromage : j’ai trouvé un équivalent Feta et c’est ce qui a le plus de goût car les fromages sans goût il n’y a quasiment que ça, sinon vous avez des fromages à tartiner avec des gouts bizarres comme champignons, emmental…
  • Le beurre est au rayon surgelés : nous avons mis 15 min à le trouver la première fois.
  • Les Kazakhs adorent la viande fumée, on trouve du jambon mais également du cheval dont ils sont fans. Egalement le poisson est fumé sur les étales du marché ou au supermarché. Attention quand vous faites revenir votre saumon, pas besoin de le cuire beaucoup quand il est fumé.
  • Outre la viande fumée, ici la viande fait partie de leur nourriture de base, ils la cuisinent surtout bouillie mais ils font également de très bonnes brochettes dites chachliks. La liste des possibilités est longue avec même des abats, nous sommes restés jusqu’à présents sur les traditionnels : poulet, porc, boeuf.
  • Les oignons : ils adorent ça, ils en mettent dans tout, bon ma moitié apprécie nettement moins cette particularité.

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6- Sortir de la ville

Prendre de la hauteur et sortir du brouhaha de la ville, voilà qui donne une autre perspective et permet de découvrir les choses autrement. Même si l’on n’est pas sportif, une petite balade dans les vallées environnantes pour admirer la vue, voir les habitants investir les zones de pique nique avec leur barbecue, leurs brochettes et leur matelas pour faire la sieste à l’ombre, on découvre leurs petits plaisirs au quotidien. Pour l’instant nous n’avons fait que les alentours proches mais en septembre nous comptons bien aller plus loin et découvrir d’autres contrées surtout que la période du camping est jusqu’en octobre. Car oui, très peu d’infrastructures hôtelières existent donc la phase camping sauvage est obligatoire, je vous en dirai davantage bientôt.

7- Aller vers les locaux

Même si la langue est un frein, il faut aller vers les gens. A Almaty, les enfants sont partout, je ne sors pas sans voir une femme enceinte et une dizaine d’enfants, c’est impressionnant. Donc avoir un enfant attire l’attention et le respect, dès que je monte dans le bus, les gens se lèvent pour me laisser leur place, incroyable… J’adore les observer et découvrir leurs valeurs différentes des nôtres : les anciens sont très sacrés chez eux, les enfants sont des rois et le collectif prime sur l’individuel.

Ils me demandent toujours d’où l’on vient et le prénom de Petit G, ils sont très accueillants (sauf au volant où c’est la jungle et la loi du plus fort) et vous parlent même s’ils savent que vous ne leur répondrez que très peu, par des balbutiements.

Plusieurs marchands de fruits et legumes ont des étales dans la rue, je me suis prise d’affection pour un qui essaye de m’apprendre les noms russes, comme quoi on peut créer un lien sans se comprendre.

8- Recruter

Nous avions besoin de trouver une femme de ménage et une nounou, pas facile. Heureusement, nous avons trouvé grâce au réseau des expats et à notre propriétaire.

Pour la femme de ménage c’est notre propriétaire qui nous en a conseillé 2, la première est partie après la première semaine, on ne sait toujours pas pourquoi et une nouvelle est arrivée. Ce qui est le plus difficile ce n’est donc pas de trouver mais de bien trouver et de se faire comprendre. Toutes les semaines je lui dit de ne passer qu’un coup rapide dans les chambres et de se concentrer sur le salon et la cuisine et bien elle fait l’inverse, je suis désespérée. Et pour les questions d’argent il vaut mieux bien les payer pour être sûr qu’il n’y ait pas de vol, pour l’instant je reste encore à la maison quand elle est là.

Pour la nounou, nous voulions quelqu’un pour 2 jours par semaine qui parle anglais ou français. Autant pour la poussière c’est pas grave s’il y a des erreurs, autant pour notre fils on n’aimerait pas trop qu’il soit nourri au beurre de cacahouète à 1 an et qu’il ne dorme jamais…L’autre point à prendre en considération, c’est si la nounou a l’habitude des enfants d’expatriés car, au Kazakhstan les enfants se couchent en même temps que les parents, dans la même chambre et sont portés dans les bras jusqu’à 6 ans … Quand notre nounou a compris que je posais Petit G dans son lit pour la sieste et que je sortais pour qu’il s’endorme seul naturellement, elle m’a regardé avec des yeux genre “Et c’est tout ?”, euh “Oui, pas besoin de rester…”. Là encore le réseau aide beaucoup et si l’on est inscrit au Women’s club et que l’on a quelques contacts d’expatriés, ils donnent les tuyaux et c’est rassurant d’avoir une recommandation quand même.

9- Ouvrir les yeux

C’est dans les détails que l’on se construit aussi une qualité de vie, alors je lève la tête et j’observe les gens, les plantes, les magasins. Quand je n’ai pas très envie de sortir, je me dis, allez prends ton appareil photo et va immortaliser ce qui te marque. C’est une stratégie comme une autre mais une fois que l’on est dehors prêt à profiter de nouvelles situations, c’est là que l’on voit les choses différemment. Pour cela l’expatriation est une bonne expérience car cela nous force à re-découvrir, à sortir, à aller vers l’inconnu et à ne pas se sentir toujours en situation de confort.

10 – Se créer des repères

Une bonne idée pour se sentir chez soi c’est de se donner des rituels. Nous, par exemple, le dimanche midi c’est restaurant, à côté ou plus loin, c’est devenu une habitude. De même une fois par semaine c’est le Green Bazar, un marché typique pour les fruits, legumes, la viande un must do… ça rythme la semaine et ça permet d’avoir des habitudes.

Pour réussir son début d’expatriation, je dirais qu’il faut de l’ouverture d’esprit, de la volonté en priorité et une petite dose d’esprit aventurier quand même.

A bientôt

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